Qui aurait cru que les aiguilles, les pelotes de laine et les loisirs dits « traditionnels » allaient un jour faire leur grand retour, portés par TikTok, Instagram et YouTube ? À l’ère de l’hyperconnexion, certaines pratiques manuelles longtemps rangées dans les tiroirs des grands-mères connaissent une nouvelle jeunesse, grâce aux réseaux sociaux. Rencontre avec Aurore Arnol, à la tête de la mercerie Le petit tricot de l’Oisans. 

Clara Visseaux et Teddy Persicot, le 26 mai 2025

Au sein de sa boutique située dans le centre du village du Bourg d’Oisans, quelques clients vont et viennent afin de trouver la pelote parfaite pour leurs projets. Dans ce lieu qui permet de créer du lien entre habitants, ils sont plusieurs à régulièrement discuter ensemble de leurs créations. 

Aurore Arnol, 21 ans, a ouvert sa mercerie au Bourg d’Oisans, en mars dernier.

De la passion au métier

Et la jeune femme l’assure, cela fonctionne chez les collégiennes qui se mettent elles-mêmes à cette activité : « Les parents ne poussent pas leurs ados à poser leur smartphone. Les activités manuelles disparaissent peu à peu. »Selon elle, les réseaux sociaux jouent un rôle déterminant dans la découverte de nouvelles occupations. Aujourd’hui ce sont, paradoxalement, ces plateformes qui « poussent les enfants à lever le nez de leur téléphone. » Une tendance expliquée en partie par l’effet TikTok et l’envie de « créer de ses mains », même chez les plus jeunes, note Aurore Arnol.

Qui est Aurore Arnol, gérante d’une mercerie au Bourg d’Oisans ?

Les réseaux sociaux au service des activités manuelles ?

« C’est une réponse claire à l’hyperconnexion et au stress du quotidien »

Si la tendance peut sembler être un simple effet de mode, elle révèle surtout une volonté plus profonde de se reconnecter à soi, à ses capacités, à l’instant présent. « C’est une réponse claire à l’hyperconnexion et au stress du quotidien », affirme Myriam Roche. « Poser son téléphone, se servir de ses mains, c’est un acte presque militant aujourd’hui. »

Communautés virtuelles mais liens bien réels

Le numérique ne déconnecte pas toujours : il rassemble aussi, par affinité, par passion. « On est en périphérie, mais on reste connectés. C’est suffisant pour que des jeunes découvrent l’activité créative en ligne et fassent le déplacement jusqu’ici pour acheter des pelotes », raconte la gérante de la boutique. Et c’est cette mise en réseau qui a permis à des métiers, savoir-faire et pratiques en voie de disparition de reprendre vie. Aurore le remarque tous les jours : « La majorité de mes ventes ne reposent pas sur mes réseaux sociaux. Cependant, les jeunes viennent après avoir vu des vidéos sur Internet », avance-t-elle. 

La jeune génération, souvent critiquée pour son temps passé sur les écrans, pourrait bien être celle qui redonne ses lettres de noblesse aux activités manuelles.

3 QUESTIONS À MYRIAM ROCHE

 Fondatrice du média Les Gens d’Internet , un site web spécialisé dans l’industrie du contenu en ligne.

Pourquoi avez-vous décidé de créer ce média ?

« J’ai créé ce média car j’ai toujours suivi l’actualité des créateurs de contenu, mais je ne trouvais pas de site qui en parlait de la bonne manière. J’ai donc choisi de créer le média que j’aurais aimé lire pour mieux comprendre cette industrie ».

Quelles ont été vos principales sources d’inspiration ?

« Je me suis beaucoup inspirée de mon premier emploi dans le journalisme. Je travaillais pour un site internet dédié aux start-ups. Mon patron avait tout créé seul, réussi à fédérer une belle communauté de lecteurs et était devenu en l’espace de quelques années, une vraie référence pour tous les entrepreneurs français. Je me suis appuyée sur sa vision et son savoir-faire pour penser mon média et le développer ».

Quels projets aimeriez-vous développer sur votre site ou sur vos réseaux sociaux ? 

« Depuis le début de l’année, on développe la partie vidéo. C’est quelque chose qui manquait jusqu’à présent. J’ai hâte de voir ce que notre émission sur YouTube, Partenariat Rémunéré, va nous permettre de réaliser comme nouveaux projets. Nous avons réuni 23 000 abonnés en un an. Nous en sommes assez fiers ! »

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