Depuis le 23 mars et jusqu’au 25 août prochain, Arthur Grand, chercheur Bourcat, expose ses photos tout droit venues du Groenland où il a passé six mois. Subventionné par la mairie du Bourg-d’Oisans pour son projet de stage, il expose à la médiathèque des clichés de glaciers, premières cibles du dérèglement climatique, une opportunité de comparer l’impact du phénomène dans les Alpes et en Arctique.

Elsa Dizier et Clémence Fourel, le 26 mai 2025

Arthur Grand, chercheur en écologie des montagnes, constate régulièrement la fonte de plus en plus rapide des glaciers dans les Alpes. /Photo : Elsa Dizier

Le chercheur travaille encore aujourd’hui pour l’Institut de recherche gouvernementale des ressources naturelles du Groenland, en tant qu’auto-entrepreneur depuis la France. Sa passion est d’étudier les conséquences du changement climatique sur la végétation, les herbivores et les humains, ce qu’il a tenté de faire transparaître au travers de ses images. 

Il s’est rendu dans la ville de Nuuk, au sud-est de la péninsule. Située sur la côte groenlandaise, la ville est composée de 19 000 habitants. Il s’agit de la capitale et de la plus grande ville du Groenland. Le passionné d’écologie a ainsi évolué pendant six mois au pied de nombreux glaciers, symboles du réchauffement global.

Juliette Blanchet, directrice de recherche en hydrologie à l’Institut des géosciences de Grenoble, souligne la complexité de protéger les territoires isolés de montagne en proie aux aléas climatiques : « Pour les pluies torrentielles, les zones de montagne sont plus à risque car plus raides. La pluie va plus vite et arrache des branches et des arbres plus rapidement, mais il y a moins de risques pour les humains qui sont moins nombreux dans ces endroits-là. Ce sont aussi des calculs économiques et politiques, c’est-à-dire qu’on va moins investir dans des zones reculées où peu de monde habite. »

« L’isolement en montagne ce n’est pas pareil que dans la campagne classique »

Arthur Grand est chercheur, mais il est aussi originaire de Bourg d’Oisans, zone isolée où il vit toujours.  Lorsqu’il en est parti, c’était pour se rendre au Groenland qui peut représenter une forme de paroxysme de la notion d’isolement. Seulement, aller dans une zone reculée en Arctique, il l’a choisi. 

Il assume le choix de vivre en montagne, même si cela représente des contraintes au quotidien : « La nature est mon hobby donc je ne me sens pas contraint de vivre à la montagne, mais quand on veut acheter quelque chose d’un peu spécifique, il faut aller à Grenoble. » 

Il n’a pas toujours eu conscience de vivre dans une ville reculée : « Je ne me rendais pas compte avant mes études de la notion d’isolement. Je le ressens encore plus aujourd’hui que quand j’étais jeune. » 
Le chercheur a étudié durant cinq années à Chambéry, ville bien moins reculée que le Bourg-d’Oisans et le Groenland. Il y a rencontré des amis avec qui il tente de maintenir un lien, mais le fait d’être revenu habiter dans la vallée de l’Oisans complique les choses : « Mes camarades d’études sont dans d’autres villes, et comme on est en montagne, on met une heure et demie en voiture alors que c’est parfois la ville d’à côté. L’isolement en montagne ce n’est pas pareil que dans la campagne classique », conclut-il.

« Je ne me rendais pas compte avant mes études de la notion d’isolement. Je le ressens encore plus aujourd’hui que quand j’étais jeune. »
Arthur Grand, chercheur Bourcat en écologie des montagnes

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