Proches des stations de ski et doté d’un cadre de rêve, Le Bourg-d’Oisans et sa région attirent des touristes été comme hiver. Un afflux de vacanciers qui oblige les entreprises locales à recruter des jeunes saisonniers en nombre. Malgré les difficultés existantes, les postes sont pourtant bien pourvus.

Amélie Carapito et Redouane Moumen, le 26 mai 2025

Louis Di Sangro va intégrer l’hôtel B.O Lodge de Bourg-d’Oisans en tant que saisonnier. Comme lui, ce sont des centaines de jeunes qui vont venir travailler dans la région cet été.

« À Bourg-d’Oisans, le cadre est incroyable, c’est pour ça que j’aime travailler ici. » Originaire du sud de la France, Louis, 17 ans, est en stage à l’hôtel B.O Lodge depuis à peine quelques jours. Pourtant, il est déjà tombé amoureux de l’endroit. Une aubaine pour celui qui se voit déjà prolonger l’aventure ici : « Si tout va bien, ce stage obligatoire d’école doit se transformer en job d’été pendant le mois d’août. » 

« Aujourd’hui, c’est beaucoup plus facile de recruter des saisonniers jeunes, ils sont investis et dynamiques au travail. »

Des saisonniers qui s’en tirent à bon compte  

Comme Louis, beaucoup s’épanouissent à travailler dans ce cadre si particulier. Aujourd’hui guide en moyenne montagne sous le statut d’auto-entrepreneur, Romann a d’abord occupé ce rôle en tant qu’employé saisonnier : « Je suis né ici, je crois que je ne me voyais pas faire mon métier ailleurs. » Il ajoute : « Il y a une ambiance particulière. On est en montagne et on travaille dans la neige, c’est un vrai plaisir ». 

Comme lui, Thomas, 26 ans, est un local : il est né et a grandi à Auris-en-Oisans. Il se rêve aujourd’hui acteur, mais de temps à autres il retourne faire des saisons au pied des Alpes. Pour lui, l’avantage est surtout financier :  « Je fais de l’animation pour la mairie. On fait beaucoup d’heures, mais ça nous permet d’être bien payé. » Raison de plus pour opter pour un emploi saisonnier au Bourg-d’Oisans, où il a la possibilité d’être hébergé chez sa mère, ce qui signifie des dépenses en moins lorsqu’il retourne chez lui. 

Vivre loin de la ville, ce n’est pas forcément un souci pour les trois saisonniers. Thomas le confesse sans souci : « À chaque fois que je viens ici, je me sens bien. J’ai même réussi à me faire des amis sur les saisons que j’ai faites. » Les jeunes se retrouvent donc entre eux et réussissent à passer outre l’isolement. 

Le problème du logement : contenu, mais pas réglé

Cette possibilité d’être chez des proches n’est pas offerte à tous. Si les jeunes Bourcats et régionaux travaillent en tant que saisonniers, des gens venus de loin complètent aussi les équipes de travailleurs. Carole Leonarski, directrice de l’hôtel Royal Ours Blanc à Huez le constate fortement ces dernières années : « Les jeunes viennent de plus en plus du Nord et de la Bretagne. Ils nous expliquent qu’ils ont besoin de travailleurs à la montagne, pour découvrir et se dépayser. » 

« Les jeunes viennent de plus en plus du Nord et de la Bretagne. Ils nous expliquent qu’ils ont besoin de travailleurs à la montagne, pour découvrir et se dépayser. »

Au Bourg-d’Oisans, une solution existe pourtant : la résidence du Relais du Père Gaspard. Ariane Weber, chargée de l’emploi et de l’insertion au sein de la résidence, participe également à rechercher des jeunes, afin de les placer au sein des entreprises : « Avec la mission locale de Grenoble, et même d’ailleurs en France, on cherche à envoyer les jeunes dans cette zone. Souvent, ils reviennent satisfaits de l’expérience. » Ce logement social propose aussi, lorsqu’il reste des chambres à disposition, de loger les employés saisonniers présents dans la région. Une solution partielle mais qui ne suffit pas pour Ariane Weber : « On essaie d’accueillir des gens qui viennent en saison. C’est parfois un soulagement pour les jeunes et aussi pour les entreprises. Mais ça n’est pas quelque chose que l’on peut globaliser, parce que ce n’est pas notre activité principale, mais aussi par faute de moyens. » 

Les commerçants réussissent donc à combler tous leurs postes sur la zone. À croire que le cadre attire, quelles que soient les conditions proposées.

Laisser un commentaire